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Rapport sur « les cancers imputables à l’activité de sapeur-pompier »

11/06/24

Dans le cadre du Beauvau de la Sécurité civile, deux sénatrices, Mmes Anne-Marie NÉDÉLEC et Émilienne POUMIROL, ont rédigé un rapport sur « les cancers imputables à l’activité de sapeur-pompier ».

Crédits photo : Photo de Ono Kosuki: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/personne-en-blazer-blanc-tenant-un-livre-blanc-5999874/

 

Elles émettent un constat : Il existerait effectivement un risque plus élevé chez les sapeurs-pompiers que dans la population générale de développer un cancer. Il serait lié à une exposition à plusieurs types de produits de combustion reconnus cancérogènes.

 

Cette analyse, mise en avant par les deux auteures, est, par ailleurs, partagée au niveau international. En effet, En 2022, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) avait publié dans la revue anglo-saxonne « The Lancet Oncology » un article sur la cancérogénicité de l'exposition professionnelle en tant que pompier. Les deux sénatrices du rapport se basent sur cette étude scientifique.

De plus, depuis 2017, des travaux, en lien notamment avec la DGSCGC, sont menés pour appréhender les risques liés aux fumées chez les sapeurs-pompiers.

Actuellement, le CERISC de l’ENSOSP et le CEREN, en partenariat avec le SDIS 13, dirigent une étude de recherche dont l’objectif est d’évaluer l’exposition des intervenants aux toxiques des fumées des feux de forêt. A ce titre, ils « se sont dotés d’un véhicule de recherche scientifique (VRS ENSOSP ENTENTE VALABRE) ». 

VL prélèvements 1
VL prélèvements 2

 

Dans ce rapport, les sénatrices proposent de faire de la protection des sapeurs-pompiers une priorité nationale. Ainsi, il paraît nécessaire de renforcer à la fois la prévention et la réparation des cancers imputables à l’activité des sapeurs-pompiers. Aujourd’hui, « seuls deux cancers sont […] présumés imputables à l’activité de sapeur-pompier en France ». Cette faible reconnaissance en maladie professionnelle induit une faible demande d’allocation temporaire d’invalidité (ATI). Pour les deux auteures, il est important d’agir sur deux leviers :

  • D’une part, en une meilleure reconnaissance des cancers imputables à l’activité de sapeur-pompiers (créer un « tableau dédié aux pathologies liées à la lutte contre l’incendie intégrant les 7 types de cancer dont le lien avec l’activité de sapeur-pompier a été établi », faciliter les sapeurs-pompiers à démontrer le lien de causalité entre le cancer et l’activité professionnelle, ou encore rendre obligatoire un modèle national de fiche d’exposition) ;
  • D’autre part, en une meilleure prévention du développement des cancers chez les sapeurs-pompiers (l’EPI doit être revu avec « l’acquisition massive des futures cagoules filtrantes », le « renforcement du dépistage des maladies » et « la collecte de données épidémiologique ».

 

Pour lire le rapport, cliquer ICI.

 

Alexia TOUACHE, doctorante en droit public

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Publié le 11/06/24 à 15:38