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SECURITE CIVILE : Après Xynthia, l'Etat renforce la prévention

Chapo
Source: Le Courrier des Maires
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Quelques semaines après le passage de la tempête Xynthia dans l'ouest et le sud-ouest de la France, Nicolas Sarkozy a annoncé, le 16 mars, qu'il n'autorisera aucune construction en zone inondable, ni «aucune reconstruction» dans les zones présentant des «risques mortels». Le président de la République s'est rendu pour la seconde fois depuis la tempête du 28 février 2010 dans les deux départements «martyrs». Vingt-neuf personnes ont perdu la vie en Vendée, 767 ont dû être évacuées et 1.000 maisons sont détruites ou endommagées. Douze personnes sont mortes en Charente-Maritime, 2.000 ont été évacuées, et 5.000 maisons sont sinistrées.
Nicolas Sarkozy a estimé que cette catastrophe est en partie «le résultat d'une cascade de décisions litigieuses ou contraires au bon sens, de négligences, de prescriptions non respectées, d'expertises négligées». Dans un discours au conseil général de Vendée, le chef de l'Etat a affirmé qu'il n'autoriserait «aucune reconstruction » dans les zones où «il y a des risques mortels». Quelques heures plus tôt, à l'issue d'une réunion de travail à huis clos à la préfecture de Charente-Maritime, à La Rochelle, il avait insisté sur le fait qu'il «ne laisserait pas se réinstaller des gens dans les maisons situées dans des lieux où il y à des risques mortels».
Nicolas Sarkozy n'a cependant pas évoqué la proposition faite par le président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, de retirer aux maires la compétence de délivrer des permis de construire. Il a, en revanche, insisté sur le volet de la prévention des risques.
PPR généralisés et plan «digues»
Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures, principalement la généralisation des plans de prévention des risques (PPR) et la mise en place du plan «digues». Il souhaite que d'«ici trois ans, toutes les communes situées dans les zones à risques soient couvertes par un plan de prévention des risques (PPR) ». Sur 864 communes inondables en France, «seules 46 disposent d'un plan de prévention approuvé » a-t-il précisé, rappelant que la situation n'était « pas meilleure pour les risques incendies de forêt et risques sismiques.»
Le plan «digues» sera dévoilé au début de l'été. L'Etat financera 50% de travaux urgents sur 150 km de digues endommagées, et 40% d'un plan sur cinq ans «en faveur des digues». Ces travaux débuteront après la remise d'un rapport sur l'état des lieux remis sous deux mois par la mission du Conseil général de l'environnement et l'Inspection générale de l'administration.
Le président a également évoqué une réforme du système d'assurance des catastrophes naturelles et l'intégration sans délai par Météo-France d'un dispositif de vigilance «vague submersion» dans ses procédures de vigilance météorologique. Le déblocage d'une aide d'urgence de 3 millions d'euros et un «plan ostréiculture» avaient été annoncés le 1er mars.

Pauline Petitot

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