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Recueil et usages des données de santé et d'exposition chez les sapeurs-pompiers : enquête nationale auprès des médecins-chef•fes des SIS
07/07/2026
Alors que le suivi de la santé des sapeurs-pompiers est un enjeu majeur pour les Services d'Incendie et de Secours, peu de travaux ont documenté comment l'organisation départementale impacte la production et l'exploitation de données.
Ce volet d'étude, soutenue par le Parcours doctoral national en santé travail animé par l’École des Hautes Études en Santé Publique, poursuit deux objectifs : l’un descriptif vise à caractériser les données recueillies et les systèmes d’information mobilisés lors des visites médicales ; l’autre, analytique, cherche à comprendre les ressorts organisationnels des pratiques de recueil, des usages des données, ainsi que les possibilités de mutualisation entre SIS.
Matériel et méthodes :
Une méthodologie mixte a été déployée. Un questionnaire inspiré de SUMER (Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels, outil de cartographie des expositions aux risques du ministère de la Santé), Evrest (outils de prévention et guides d'évaluation pour mieux évaluer les interventions en santé au travail) et SIGYCOP a été testé puis diffusé à l’ensemble des médecins-chef•fes (72% de réponses, soit 75% des SP suivis). Deux focus groups ont approfondi les résultats : interprétation des pratiques et des conditions de leur réalisation, analyse de cas pour cerner les parcours d’information en situation d’exposition à un risque de santé. Les analyses ont été réalisées avec les logiciels R studio et MaxQDA. Résultats :
Les difficultés de recensement des populations et la diversité de collecte et des usages sont les résultats principaux. Certains effectifs de sapeurs-pompiers sont peu documentés, ce qui est attribué à la non-actualisation des données RH, aux interfaces des système d’information défaillantes et à la multiplicité des statuts des sapeurs-pompiers. La saisie des informations médicales est réalisée à l’aide de sept systèmes d’informations métiers. Elle est systématique dans seulement 33% des cas. Ceci conduit à une fragmentation à l’échelle nationale. L'analyse de cas d’exposition révèle une diversité des parcours de collecte mobilisant entre 4 et 17 acteurs avec des outils formels et informels. Tout en soulignant l'utilité de ce suivi pour la prévention, la justification de ressources et les politiques fondées sur des données probantes, les médecins-chef•fes identifient des obstacles (accès, gouvernance, protection des données). Néanmoins, 93% des répondants sont favorables à une mutualisation. Discussion :
L'instabilité des effectifs rejoint les analyses sur les « perdus de vue » dans les suivis longitudinaux : la mobilité professionnelle constitue un défi structurel aggravé par la multiplicité des statuts. L'hétérogénéité des recueils de données de santé reflète des choix techniques, des cultures professionnelles, et du « sens » donné à la collecte. Le consensus sur la mutualisation ne doit pas masquer les conditions de réussite identifiées dans la littérature.Conclusion :
Cette cartographie révèle le potentiel existant et identifie trois leviers d’action : stabiliser le recensement des données, accompagner leur harmonisation progressive, et co-construire un dispositif de mutualisation. Référence de la publication associée :
Poncato, C., Delgoulet, C., Counil, E., & Buchmann, W. (2026). Recueils et usages des données de santé et d’exposition chez les sapeurs-pompiers : enquête nationale auprès des médecins-chefs des SIS. Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, 87(3-4), 103535. https://doi.org/10.1016/j.admp.2026.103535
https://doi.org/10.1016/j.admp.2026.103535
Charlyne PONCATO
Ergonome, doctorante en Ergonomie (CRTD-Cnam/Ined)
charlyne.poncato@lecnam.net