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Croissance post-traumatique et stratégies de coping chez les sapeurs-pompiers civils français, article de Auville Alleaume et Plantade-Gipch
29/05/2026
Annales Médico-Psychologiques 183 (2025) 639–645
Les pompiers sont régulièrement exposés à des incidents critiques à fort potentiel traumatique, susceptibles d’engendrer à la fois des répercussions négatives et positives. Un incident critique correspond à une intervention exceptionnelle qui rompt avec l’habitude professionnelle et peut déstabiliser l’équilibre psychique de l’individu. Ce type d’événement peut être considéré comme une effraction traumatique, pouvant amener au développement d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Bien que le TSPT soit généralement associé à des conséquences négatives, il peut également favoriser une adaptation positive face à l’adversité : le pompier mobilise des ressources internes et externes, lui permettant de se transformer afin de faire face au traumatisme vécu. Lorsque l'événement bouleverse les fondations psychologiques et les croyances fondamentales de l’individu, il est synonyme de changement. L’individu est amené à reconstruire de nouvelles bases cognitives et émotionnelles pour affronter l’expérience traumatique. Cela représente la croissance traumatique. Afin de gérer les conséquences d’un événement critique, les pompiers mettent en œuvre différentes stratégies de coping, définies comme l’ensemble des moyens utilisés pour faire face aux facteurs de stress, aux défis et aux difficultés. Ces stratégies joueraient un rôle déterminant dans l’émergence de la croissance post-traumatique.
Cette étude exploratoire vise à prédire la croissance post-traumatique, le trouble de stress post-traumatique et les stratégies de coping chez les pompiers professionnels et volontaires français.
Cette expérimentation postule qu’à la suite d’un incident critique, ces trois phénomènes pourraient coexister chez les pompiers. Par ailleurs, les pompiers présentant un traumatisme partiel développeraient davantage de croissance post traumatique que ceux souffrant d’un TSPT avéré ou d’une détresse post-traumatique de faible intensité.
Pour cela, les auteurs se sont appuyés sur une méthodologie mixte combinant des questionnaires standardisés et des entretiens semi-directifs, menés auprès de 16 participants. La détresse post-traumatique a été mesurée avec la PCL-5, la croissance post-traumatique avec l’Inventaire de Croissance Post-Traumatique et le coping avec le Brief-Cope. Les entretiens semi-directifs visaient à explorer l’expérience vécue des participants après un incident critique selon leur statut (professionnel ou autre).
Les principaux résultats montrent que la croissance post traumatique était prédite de 63,4% par la symptomatologie traumatique et par les stratégies de coping. Les changements spirituels prédisent à 24,9% la détresse post-traumatique. Par ailleurs, les pompiers sans enfants présentent davantage de pensées positives et de croissance post-traumatique que les pompiers parents. Enfin il n’y a pas de différence de résultats entre le groupe de pompiers volontaires et le groupe de pompiers professionnels.
Limites de l’étude :
C’est une étude pilote qui montre que cette question mérite d’aller plus loin. Il manque la méthode de recrutement des personnels (la possibilité d’un biais de sélection n’est pas discutée). Elle manque de puissance car les effectifs sont faibles (l’absence de différence entre SPV et SPP n’a pas de sens pour cette raison).
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