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Partage d'Expérience du SDIS des Alpes-Maritimes : AVP multi-victimes en secteur rural à couverture médicale d’urgence éloignée
09/03/2026
L’intervention concerne un AVP en zone rurale avec plusieurs blessés graves identifiés et à évacuer dont une victime incarcérée. Deux VSAV, 1 FPTLSR et 1 VLI sont rapidement engagés mais la recherche de médecins et infirmiers sur le secteur est compliquée. Des moyens médicaux sont déjà engagés sur un autre AVP dans le secteur. Lors de leur arrivée sur les lieux, les primos-intervenants identifient 4 victimes en UA et 1 DCD.
Ils demandent une montée en puissance du dispositif avec l’engagement des forces de l’ordre, d’un SMUR et d’un vecteur héliporté médicalisé. Les moyens médicaux sont disponibles rapidement suite à leur désengagement sur l’autre AVP. Deux victimes sont rapidement prises en charge et évacuées par hélicoptères. Les deux autres victimes nécessitent une action de désincarcération. Trois victimes seront évacuées par voie héliportée, la quatrième par voie terrestre.
Les enseignements valorisés sont liés à la précision du premier message du chef d’agrès sur l’état de gravité des victimes et de la violence de l’accident. Son message a permis de dimensionner les moyens de secours et de favoriser la sollicitation par le CODIS de deux vecteurs héliportés. La détermination de la DZ par le merlin local a permis de réduire le temps de norias pour la prise en charge des victimes évacuées par voie héliportée. Un SPV de repos est venu de lui-même proposer son aide aux moyens de secours engagés.
Les difficultés rencontrées sont liées à la ruralité de la zone entraînant des délais de route plus longs notamment des moyens médicaux et du véhicule de désincarcération. Une autre difficulté rencontrée est liée à l’action de désincarcération sur un véhicule très déformé par la forte cinétique de l’accident et du nombre de victimes à extraire. Les axes d’amélioration concernent le développement d’infirmiers protocolisés dans des secteurs déficients en matière de couverture médicale d’urgence, la prise en compte de la recharge des équipements électriques, de l’importance du BIP général des CIS volontaires par le CODIS pour signaler une intervention sur leurs zones et l’importance de la communication entre les moyens médicaux par une fréquence tactique spécifique et un officier de liaison.
Un focus réalisé par le médecin-chef du SDIS permet de spécifier les contraintes liées à la prise en charge de victimes gravement impactées en milieu rural. En l’occurrence, ici, dans ce cas, il indique qu’au-delà de 40’ de transit, il est important de privilégier des vecteurs héliportés médicalisés pour assurer des délais d’interventions compatibles avec l’état des victimes. De la même façon, le CODIS est habilité à solliciter l’engagement de médecins et d'infirmiers qualifiés de correspondants territoriaux qui seront coordonnés par le médecin de direction d’astreinte du SDIS lorsque des moyens terrestres et aériens sont engagés simultanément sur la même opération.
Ce PEX rappelle également l’importance de la prise en compte de l’état psychologique des intervenants par un débriefing à chaud au CIS et, éventuellement, d’un soutien psychologique à l’issue de cette intervention en raison de l’âge, du nombre de victimes et de l’une d’elle qui n’a pu être désincarcérée qu’en dernier en raison de son état ne nécessitant plus d’action d’urgence à leur arrivée.