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Facteurs de risque et de protection pré, péri et post-traumatiques des sapeurs-pompiers de Paris : attaques terroristes du 13 novembre 2015 , thèse du psychologue Matthieu PETITCLERC de la Brigade de Sapeur-Pompiers de Paris
17/04/2026
Le psychologue Matthieu PETITCLERC de la Brigade de Sapeur-Pompiers de Paris a effectué une thèse sur le retentissement psychologique qu'une intervention traumatogène, telle que les attaques terroristes du 13 novembre 2015, est susceptible d'induire chez les sapeurs-pompiers de Paris.
L'intérêt de ce travail de recherche réside en sa cohorte significative de 841 sapeurs-pompiers de Paris exposés à un évènement au potentiel traumatique manifeste et en sa base de données hétérogènes (données individuelles auto-déclarées et données institutionnelles collectées) permettant de constituer des facteurs de risque ou de protection de survenue d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT).Le croisement de plusieurs bases de données (santé, opérations sur le terrain, ressources humaines, chancellerie) a permis d'isoler de multiples variables, à la fois quantitatives et qualitatives, susceptibles de constituer des facteurs de risque d'apparition d'un traumatisme psychique.
Par ailleurs, une analyse approfondie du suivi médico-psychologique post-attentats des sapeurs-pompiers de Paris engagés le 13 novembre 2015, alliant de manière systématique la conduite d'entretiens cliniques individuels et la passation d'auto-questionnaires (PCL-S) visant à objectiver les symptômes caractéristiques d'un ESPT, amène à discuter les enjeux de prévention et de soins à destination des sapeurs-pompiers.
Ce travail de thèse ouvre la voie à des préconisations concrètes visant à optimiser les dispositifs de suivi médico-psychologique au profit des sapeurs-pompiers de Paris et plus largement des premiers intervenants exposés à des risques psychologiques professionnels.
Quelques articles en accès libre du même auteur :
Représentations des sapeurs-pompiers de Paris concernant les urgences psychiatriques
Il s’agit d’un article mis en ligne le 9 avril 2026 avec 924 pompiers interrogés dans le cadre de la recherche. Il est rapporté une exposition quasi quotidienne aux situations d’allure psychiatrique. Les sapeurs-pompiers décrivent des sentiments de méfiance (84,1%) mais aussi d’empathie (53,3%) lors de ces interventions. Près de 42% estiment manquer de connaissances spécifiques et 44,5% souhaitent être formés davantage.
Les notions de troubles de stress post-traumatique (TSPT) complets et partiel (attaques terroristes du 13/11/2015)
Notion intéressante de « TSPT partiel » qui précise que des personnes exposées à des événements potentiellement traumatiques peuvent développer des symptômes de TSPT sans satisfaire à tous les critères de diagnostic de TSPT (TSPT dits également « sous-syndromique »). Autrement dit les intervenants peuvent « s’accommoder » de certains symptômes et/ou potentiellement minimiser la symptomatologie induite par un évènement à fort retentissement psychologique (ex : peur de stigmatisation ou crainte de perdre une aptitude à servir) ce qui invite à abaisser les valeurs seuils des critères discriminants la présence ou non d’un TSPT.
Focus sur les facteurs associés au TSPT (degré d’exposition, faible niveau de scolarité, isolement social et manque de formation).
Le recours au soin des intervenants (attaques terroristes du 13/11/2015)
Souligne le fait que le recours à un soin en santé mentale est une démarche encore trop peu initiée par bon nombre d’intervenants. Focus sur les facteurs qui facilitent le recours à un soin.
La prévalence, les trajectoires et les facteurs associés de TSPT entre +1 et +5 ans (attaques terroristes du 13/11/15)
Il est intéressant de constater que la prévalence de TSPT a triplé chez la population pompiers entre +1 et + 5ans après les attaques terroristes (9,6% TSPT complet à +5ans vs 3,4% TSPT complet à +1an), ce qui se rapproche davantage des chiffres de la littérature scientifique (une méta-analyse a révélé une prévalence mondiale combinée du TSPT de 10 % chez les premiers intervenants : Berger et coll., 2012). Cela peut s’expliquer du fait de l’expression différée du TSPT (réalité clinique bien connue des professionnels de santé mentale) + probable délai nécessaire avant de percevoir l’incidence de l’évènement et/ou de se reconnaitre en souffrance.