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FICHE DE LECTURE : Typologies latentes du syndrome de stress post-traumatique chez les premiers intervenants : une comparaison avec les vétérans de guerre, SCISC
20/05/2026
Anciens combattants, secouristes et pompiers suivis au centre de recherche clinique UCF RESTORES, situé à l’Université de Floride
Titre
Typologies latentes du syndrome de stress post-traumatique chez les premiers intervenants : une comparaison avec les vétérans de guerre.
Latent typologies of posttraumatic stress disorder amongst first responders: a comparison to combat veterans
Résumé en français
Les premiers intervenants et les anciens combattants sont touchés de manière disproportionnée par le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Les données de la littérature existante suggèrent l’existence de sous-types distincts de TSPT, et que les différences de profession et de types de traumatismes vécus pourraient être liées à des manifestations symptomatiques différentes.
À ce titre, la présente étude a utilisé l’analyse de profils latents pour identifier des sous-types latents de TSPT au sein d’un échantillon d’anciens combattants et de premiers intervenants soigneusement diagnostiqué.
Ce faisant, nous avons identifié quatre profils : détresse cognitive 1 (26,9 %), évitement anhédonique 2 (33,2 %), rumination mentale 3 (20,3 %) et profil indifférencié élevé 4 (19,6 %). Nous avons également examiné la relation entre le type de profession et les profils. Ainsi nous avons constaté que les premiers intervenants étaient plus susceptibles d’appartenir aux profils « détresse cognitive » et « rumination mentale » que le personnel militaire. De plus, par rapport aux agents des forces de l’ordre, les sapeurs-pompiers étaient plus susceptibles d’appartenir aux profils « détresse cognitive » et « évitement anhédonique ».
Ces résultats pourraient avoir des implications importantes sur la prise en charge du TSPT chez les vétérans et les premiers intervenants.
Notes explicatives du comité de lecture :
1 Le profil 1 nommé profil de détresse cognitive se caractérise par une faible symptomatologie globale de stress post-traumatique, mais par des scores élevés sur des items reflétant principalement les symptômes cognitifs par exemple, souvenirs intrusifs, évitement des pensées, difficultés de concentration et troubles du sommeil).
2 Le profil 2 nommé profil d’évitement anhédonique se caractérise par une tendance accrue à l'évitement, à l'auto-accusation et à l'anhédonie. L'anhédonie, ou perte de la capacité à ressentir le plaisir, les émotions positives, les choses agréables, lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes, est un symptôme central de la dépression majeure, de la schizophrénie et d'autres troubles neuropsychiatriques.
3 Le profil 3 nommé profil de rumination mentale est un processus passif et répétitif. Il se caractérise par une augmentation des symptômes cognitifs en plus de symptômes physiologiques élevés (par exemple, des réponses physiologiques aux rappels du traumatisme et de fortes réactions de sursaut). Ce sont des pensées répétitives, avec le sentiment de tourner en boucle. Ce serait une tentative, mise en échec, de réponse à une détresse psychologique, à une douleur morale.
4 Le profil 4 nommé profil indifférencié élevé se caractérise par une adhésion globalement plus élevée aux symptômes de stress post-traumatique.
Limites de l’article
- Cet article concerne une population particulière : policiers et sapeurs-pompiers de Floride (et anciens combattants) ayant déjà été identifiés. L’applicabilité aux pompiers français notamment ceux non encore diagnostiqués n’est pas garantie.
- L'échantillon comporte quelques biais :
. Moins de policiers que de pompiers. Sur les deux groupes, largement plus des 2/3 sont des hommes blancs hispaniques.
. Tous les participants étaient diagnostiqués TSPT et recherchaient activement un traitement dans un centre clinique spécifique.
. Certains participants étaient à la fois des vétérans et des secouristes, et ont été assignés à un seul groupe en fonction du traumatisme qu'ils ont déclaré comme étant le plus pénible.
. Ambiguïté du lien entre profil symptomatique et catégories de traumatismes (par exemple, une catastrophe naturelle, une fusillade de masse, le décès d’un bébé, une épidémie peuvent impliquer des expériences très différentes, variables selon l’individu, le contexte et le moment).
- L'étude repose sur une évaluation transversale des symptômes de stress post-traumatique, ne permettant pas d'établir de lien de causalité, d'évaluer l'évolution des profils symptomatiques au fil du temps, ni la réponse au traitement.
- La préparation et le suivi de la santé mentale de l’individu et la connaissance du contexte de service (opérationnel et circonstanciel) sont importantes dans la manifestation du trouble de stress post-traumatique.
- Une méthode standard (entretien clinique structuré CAPS-5. C’est un entretien structuré avec 30 items qui correspondent aux critères du DSM-5) permet de diagnostiquer le trouble et de le catégoriser en quatre profils symptomatologiques principaux (type et gravité des signes). Ceci s'inscrit aussi dans la tendance plus large des soins de santé mentale d’être personnalisés et adaptés au contexte de service (par exemple, thérapie cognitive vs approches comportementales).
- La perspective comparative civil-militaire est un axe à prendre en compte, notamment considérant l’évolution vers des situations de violence armée où l’intrication entre ces deux mondes devient la règle.
Catégories et mots clés
Étude comparative
Premiers intervenants ; Psychologie ; entretien diagnostic CAPS-5 ; Santé mentale ; Syndrome de stress post-traumatique ; Psychotraumatisme ; sapeurs-pompiers ; forces de sécurité ; militaire
1er auteur ID Article
Kathrin D. O’Dell
Citation
Auteurs complets
O'Dell KD, Winch AT, Su S, Bowers CA, Newins AR, Beidel DC.
Département de psychologie, Université de Floride centrale, États-Unis
Journal Psychiatry Research. 2026 ; 359 : 117045.
Https ://DOI : 10.1016/j.psychres.2026.117045