Cet espace est un outil d'information, de promotion et de partage dans le champ général de la santé en service. Elle concerne les aspects individuels et collectifs dans les domaines de la prévention, de la médecine professionnelle et d’aptitude, du soutien sanitaire. Elle assure une veille juridique, apporte des commentaires et diffuse les travaux et expériences des différents membres SSSM.

Nos experts vous répondent

Quel contenu des visites médicales RAD est préconisé, en tenant compte de l’arrêté du 6 mai 2000, de l’évaluation des risques chez les sapeurs-pompiers et des données de la science ?

Mélina BRICHLER, 31/08/2021

Synthèse des réponses de plusieurs Médecins Chefs : Médecin Colonel Chaumont Pierre-Jean, Médecin Colonel Hertgen Patrick, Médecin Colonel Taillandier Thierry, Médecin Lieutenant-Colonel Pantaloni François, Médecin Colonel Steve Jean-Marie.

Remarque préalable :

L’évaluation des risques est un préalable aux visites médicales pour adapter le suivi à ce que font effectivement les CMIR dans son département. Bien différencier les expositions potentielles : les manœuvres avec sources radioactives, les interventions CMIR, et par conséquent les risques d’expositions accidentelles aigues, les risques d’expositions minimes cumulatives. Quand les sapeurs-pompiers ne font que des manœuvres sans source radioactive et peu d’interventions CMIR, on peut effectivement se contenter du minima réglementaire. Quand ils font beaucoup d’interventions même à faibles expositions en dosimétrie, il faut être extrêmement vigilant. Pour rappel un émetteur alpha ou bêta ne positivera pas le dosimètre.

Rappel :

Les personnels sapeurs-pompiers affectés dans les unités d’intervention radiologique sont considérés comme des personnels de catégorie B au sens de la directive européenne EURATOM 96/29 du 13 mai 1996.

Eléments de la visite médicale spécifique en complément de la visite médicale sapeur-pompier opérationnel :

  • Il est important d’avoir les relevés de dosimétries individuelles et de les reporter dans le dossier médical de santé en service. la traçabilité des expositions est normalement tenue à jour avec rigueur par les agents et leur encadrement. Ceuxci et le médecin en charge de leur suivi doivent être enregistrés à l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN).
  • Cela permet de constater qu’ils n’ont généralement que des expositions nulles ou faibles (1 ou 2 micro sievert au maximum), extrêmement éloignée des valeurs maximales réglementaires.
  • La recherche de lésions cutanées sera recherchée et une mention sera faite dans le dossier médical.
  • Numération Formule Sanguine avec bilan d’hémostase qui servira de référence en cas d’exposition aiguë, à renouveler tous les 4 ans d’après l’arrêté du 6 mai 2000.
  • Fonction thyroïdienne (TSH).
  • Biomicroscopie du cristallin initiale puis en cas d'exposition. une à 45 ans et une à 65 ans ou avant le départ à la retraite (fin d'exposition).

Le risque de cataracte radique est un risque cumulatif. Une exposition sur plusieurs années à de faibles doses peut la provoquer d’où l’intérêt d’un examen périodique. L’origine professionnelle de ce trouble pourra être reconnue. La dosimétrie est non significative. Les médecin ophtalmologue font assez aisément la différence entre une cataracte radique et une cataracte classique.

  • L’examen ophtalmologique avec examen du fond de l’œil, de l’acuité visuelle et du cristallin est à renouveler tous les 4 ans d’après l’arrêté du 6 mai 2000.
  • Compte d'Addis avec Débit de Filtration Glomérulaire par CKD EPI.

Références :

  • Annexe II article III de l’arrêté du 6 mai 2000 dans le dossier « textes de référence »

http://pnrs.ensosp.fr/Plateformes/Sante/Documents-en-ligne/MEDECINE-D-APTITUDE

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027806111/

  • Directive européenne EURATOM 96/29 du 13 mai 1996 fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire de la population et des travailleurs contre les dangers résultant des rayonnements ionisants

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000333367

 

Mélina BRICHLER, 31/08/2021