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Lu sur Localtis.info

Secours à personne : le rapport d'inspection enfin publié

09/09/14

Attendu depuis janvier, le rapport d'inspection sur le référentiel d'organisation du secours à personne et de l'aide médicale d'urgence vient enfin d'être publié. Le bilan est "contrasté", avec des situations très différentes d'un département à l'autre. Les interventions des Sdis et du Samu restent insuffisamment coordonnées. 45 recommandations sont formulées.

"Six ans après l'adoption du référentiel d'organisation du secours à personne et de l'aide médicale urgente (…), et plus de quatre ans après l'échéance fixée pour que les acteurs mettent leur organisation et leurs pratiques en conformité avec ces deux cadres d'action, il reste beaucoup à faire pour y parvenir de manière homogène sur le territoire." C'est la conclusion du rapport d'évaluation de l'IGA et de l'Igas, enfin publié le 3 septembre.
Ce rapport, daté de juin 2014, était attendu depuis le début de l'année par les acteurs du secours. Répondant à un engagement de François Hollande pris lors du congrès des sapeurs-pompiers à Chambéry en octobre dernier, il tardait à voir le jour alors que la tension dans les relations entre les pompiers et les Samu est montée d'un cran ces derniers temps (voir ci-contre notre article du 16 juin 2014).
Pour rappel, ce référentiel d'organisation du secours à personne (SAP) et de l'aide médicale urgente (AMU), qui date de 2008, avait pour but d'améliorer les relations entre les deux corps. Mais il a eu beaucoup de mal à prendre. D'où un besoin de "réévaluation", comme s'y était engagé François Hollande, dans le contexte de la réforme des urgences, pilotée par le ministère de la Santé. Réforme qui vise à permettre à chacun un accès aux soins d'urgence en moins de trente minutes mais à laquelle les sapeurs-pompiers se plaignent de ne pas avoir été associés. Ce que confirment les trois rapporteurs, Sophie Delaporte, inspectrice générale de l'administration, Maximilien Becq-Giraudon, inspecteur de l'administration, et Jean-François Bénévise, inspecteur général des affaires sociales. "Le ministère chargé de la santé a omis d'associer les responsables des sapeurs-pompiers à la réflexion sur l'accès aux soins urgents en moins de trente minutes et ne fait suffisamment pas le lien entre le dispositif des MCS (médecins correspondants du Samu, ndlr) et la politique territoriale de soutien à l'installation des médecins", déplorent-ils.

Bilan contrasté

Les rapporteurs font état d'un bilan pour le moins "contrasté", avec des situations très différentes d'un département à l'autre, même si dans une majorité d'entre eux, "des progrès ont eu lieu".
Ils relèvent tout d'abord des couacs en termes de communication. Le déploiement du réseau de radiocommunications Antares s'est ainsi avéré plus lent que prévu : 67 services d'incendie et de secours et 47 Samu étaient équipés au 1er décembre 2013. De plus, dans la moitié des départements, les deux services ne partagent pas leurs informations en temps réel, faute de logiciels d'interconnexion. En matière de téléphonie, un quart des services ne disposent pas de lignes dédiées entre eux.
Pour les interventions que les Sdis effectuent en carence des Samu, principale pomme de discorde entre les deux services, le flou persistent. "Seuls 57% des Sdis et 31% des Samu répondants mentionnent une convention d'appui logistique. Pour les autres, il n'est pas possible de savoir si un tel appui n'existe pas ou si les acteurs estiment qu'une prestation entre deux services publics ne doit pas être facturée."
Le rapport relève une quinzaine de situations de blocage concernant les conventions Samu-SIS, Samu-ambulanciers et Samu-SIS-ambulanciers (Alpes-Maritimes, Corse du Sud, Gard, Loiret, Nord, Rhône, Savoie…).

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Publié le 09/09/14 à 16:09