Catalyseur des connaissances et savoirs, la Plateforme Nationale Risques concentre et fusionne les pratiques et doctrines de ce champ d’application. Soumis à de fortes variations d’activité, cet espace témoigne de l’érudition des spécialistes en la matière et offre un support utile à tous ceux qui le nécessitent.

Actualité

A la Une

Mémoire primé à la cérémonie des prix de l'ENSOSP 2021 - "Les outils de communication et de vulgarisation à disposition du RCH4 dans l’activité de conseil technique auprès d’un COS et/ou d’un DOS"

Mémoire primé "Main d'or" à la cérémonie des prix ENSOSP 2021 - Les outils de communication et de vulgarisation à disposition du RCH4 dans l’activité de conseil technique auprès d’un COS et/ou d’un DOS

22/11/21

Le capitaine Julien DODU, du SDIS du Loiret et le commandant Manuel GOURIOU du SDIS de la Sarthe ont rédigé leur mémoire dans le cadre de leur formation initiale de sapeur-pompier professionnel, année 2020 sur: "Les outils de communication et de vulgarisation à disposition du RCH4 dans l’activité de conseil technique auprès d’un COS et/ou d’un DOS".

Ce travail a été primé par le jury dans la catégorie Risque et innovation technologique lors de la cérémonie des prix de l'ENSOSP du 17 novembre 2021.

Il a également reçu le prix de la main d'or.

Le Guide National de Référence (GNR) relatif aux risques chimiques et biologiques, fixé par l’arrêté du 23 mars 2006, précise que « le conseiller technique risques chimiques (RCH4) assure le conseil technique au commandant des opérations de secours (COS) et au directeur des opérations de secours (DOS) sur opération ». Par ailleurs, « il prépare, à l’attention du COS, du DOS, de son DDSIS ou de son chef de corps, les éléments de réponse pour les différentes sollicitations des médias ».

         Les services d’incendie et de secours (SIS), dont la mission première est la préservation des vies humaines, sont systématiquement en première ligne sur le théâtre des opérations. Ainsi exposés, ils se doivent d’être en mesure de rendre compte des conséquences à court terme pour les populations, les biens et l’environnement.

         Le RCH4, en sa qualité d’expert, est ainsi potentiellement amené à devoir s’exprimer sur un évènement, dépendant de son champ de compétence, afin d’apporter des éclaircissements sur la compréhension du phénomène à l’origine de l’évènement et de sa probable évolution.

         L’information étant maintenant à portée de « clic » pour n’importe quel citoyen, la tendance à la minimisation des risques (« ne vous inquiétez pas, vous ne craignez rien ») ne correspond plus aux attentes d’un public toujours plus méfiant. L’infantilisation n’est plus acceptée et la transparence est exigée. La défiance collective envers la parole institutionnelle est prégnante au gré des catastrophes écologiques ou sanitaires comme, par exemple, celle toute récente et toujours en cours liée à la pandémie de la COVID-19.

         En parallèle des actions de lutte contre le sinistre à coordonner et à diriger, le COS doit donc, encore plus rapidement aujourd’hui qu’hier, proposer des éléments de langages aux autorités tout en justifiant clairement les limites auxquelles il est confronté. En effet, les sapeurs-pompiers sont formés et équipés pour évaluer les risques en situation d’urgence et prendre les mesures adaptées en conséquence. L’analyse des effets chroniques toxiques, par exemple, n’est pas de leur ressort et pourtant, très souvent, leur avis est sollicité. La concertation et le recours aux experts, notamment de la santé, doivent aussi être envisagés afin de consolider la crédibilité des propos tenus.

         Associés à la cinétique urgente du moment, la complexité technique, scientifique et le caractère sensible liés aux interventions mettant en cause des matières chimiques, rendent particulièrement difficile la communication médiatique adaptée. Le sujet de ce mémoire, réalisé dans le cadre de la formation de conseiller technique en risques chimiques (RCH4), a émergé comme une évidence suite aux problématiques de communication rencontrées par le SDIS de Seine-Maritime et son autorité préfectorale lors de l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen le 26 septembre 2019. En effet, sur cette intervention d’ampleur exceptionnelle à tout point de vue, et notamment médiatique, pas moins de six ministres ont pris l’initiative de s’exprimer avec des explications parfois contradictoires semant l’incompréhension comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux dans un contexte de défiance catalysé par la crise sociale encore toute récente des « gilets jaunes ».

         L’enjeu pour les sapeurs-pompiers, qui plus est spécialistes dans le domaine spécifique et technique des risques chimiques, est de pouvoir se raccrocher à des outils prédéfinis afin de faciliter la vulgarisation de leur discours et surtout l’uniformisation du langage et de la terminologie employée lors des points de situation avec le COS ou le DOS. A l’instar du guide sur la communication en matière de dangers présentés par les fumées d’incendie, publié par le service public fédéral intérieur des pompiers belges, il apparaissait opportun de proposer un outil opérationnel simple d’exploitation, tant sur le terrain qu’au sein d’une cellule de réflexion d’un centre opérationnel (CODIS, COD), permettant de de faciliter cette communication d’urgence dans le respect du secret professionnel pour, in fine, gagner en réactivité dans l’application des consignes de sécurité par les populations.

Fichiers associés :

Publié le 22/11/21 à 10:40