ENSOSP : Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers
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Risques et Crises
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Actualité

06/06/17

Mémoire produit dans le cadre de la formation RCH4, 2016

Gestion d'une attaque à caractère terroriste avec emploi d'agent chimique, contaminant ou non, dans un établissement scolaire


Gestion d'une attaque à caractère terroriste avec emploi d'agent chimique, contaminant ou non, dans un établissement scolaire

Le terrorisme devient le premier problème de sécurité des Etats au 21e siècle. Depuis 2015, les attaques en France se sont multipliées. La revue de propagande de Daech, Dar al-Islam, diffusée le 30 novembre 2015 sur les réseaux sociaux, titre « La France à genoux », en référence aux attentats du 13 novembre de la même année, et cible de manière précise et évidente les écoles publiques, plus particulièrement les personnels enseignants.

Le terrorisme prend des formes inédites et très inquiétantes. Une cellule liée à l'organisation Etat islamique (Daech) a été démantelée au Maroc le 18 février 2016 alors qu'elle prévoyait d'attaquer une dizaine de sites. Lors de leur perquisition, les enquêteurs ont trouvé de quoi fabriquer une « bombe sale » : des clous infectés de bactéries et de virus auraient été mêlés à l'explosif. La préparation d'attentats atteint un nouveau stade, s'inquiète un spécialiste. Devant l'Assemblée nationale jeudi 21 janvier 2016, le Premier ministre a fait part des craintes du gouvernement d’être confronté à un attentat avec des « armes chimiques ou bactériologiques ».

Alors que l’état de la menace est élevé, le gouvernement renforce le niveau de sécurité dans les établissements scolaires. L’Education nationale est au cœur du sujet, les collectivités et les services de l’Etat, notamment les Services d’incendie et de secours, doivent s’interroger sur leur rôle à jouer.

A quelles difficultés serions-nous confrontés si une école, un collège, étaient visés par un attentat chimique ? Comment s’y préparer ? Comment la prise en charge d’enfants intoxiqués, contaminés, choqués peut-elle être adaptée ?

C’est à ces questions que nous avons voulu apporter des réponses dans le cadre de notre mémoire portant sur la gestion d’une attaque à caractère terroriste avec emploi d’agent chimique contaminant ou non, dans un établissement scolaire.

Ce sujet d’actualité jamais traité jusqu’à présent, laisse entrevoir de multiples problématiques.

Notre réflexion ne concerne que les enfants évoluant dans des établissements d’enseignement du premier cycle et des collèges. Nous considérons que la prise en compte d’enfants scolarisés à partir du lycée est la même que pour des adultes et ne rentre pas, de ce fait, dans notre champ de réflexion.

Nous avons développé notre étude selon deux aspects, un volet préventif et un autre opérationnel.

Dans l’étude de l’aspect préventif, des échanges avec différents milieux de l’Education Nationale et de la sécurité civile nous ont permis de dresser un état des problématiques liées aux spécificités du milieu scolaire et aux Plans particuliers de mise en sûreté (PPMS).

Nous avons dégagé des propositions relatives à ces PPMS mais également concernant la sensibilisation des élèves aux nuages toxiques, en fonction de leur âge. Des outils ont été développés au profit des enseignants et du personnel des établissements scolaires, qui peuvent être mis en œuvre en liaison avec les services d’incendie et de secours.

Dans le cadre du développement du volet opérationnel, nous avons dressé un état des problématiques sous forme d’analyse systémique. Les attaques possibles pouvant viser un établissement scolaire sont là aussi variées et limitées par l’imagination des terroristes. Dans le cadre de notre étude, nous nous sommes intéressés à des modes opératoires possibles qui pourraient toucher un établissement scolaire. Ainsi nous avons mené une analyse technique avec le concours de l’INERIS, afin de pouvoir analyser et quantifier les effets d’un toxique industriel chimique dans une salle de classe, sous forme de diffusion directe en quantité limitée sans système de dispersion.

Nous nous sommes intéressés aux cibles que constituent les enfants, sur les vulnérabilités anatomiques, physiologiques, comportementales et organisationnelles, à la prise en charge pédiatrique et aux études dans le domaine de la décontamination.

Nous nous sommes également penchés sur la prise en compte des familles, qui auront des réactions légitimes de se rendre devant le groupe scolaire pour avoir des renseignements et récupérer leurs enfants, bien que contraires aux consignes de sécurité transmises par les directeurs des établissements. Comment gérer les comportements humains des acteurs engagés, leurs réactions psychologiques et comportementales, risquant d’agir beaucoup plus par pulsions affectives, par altruisme, que par souci d’efficacité maximale.

Afin de prendre en compte un tel évènement qui entrainera un impact psychologique fort sur les enfants, les victimes, les personnes impliquées et plus largement sur l’opinion publique, nous avons adapté le schéma organisationnel classique défini par la circulaire 700 et développé des outils pragmatiques pour le commandant des opérations de secours et le conseiller technique risque chimique afin :

  • d’assurer une prise en charge pédiatrique rapide,
  • de minimiser les risques pour les équipes sur le terrain,
  • de mettre en place une organisation afin d’être efficient dans le triage dit « secouriste » des enfants,
  • de proposer une méthodologie d’organisation dans le passage des unités mobiles de décontamination assorties de recommandations.

Nous avons élaboré pour le chef de secteur risque chimique un outil informatique rapide d’évaluation permettant de connaitre le temps que met un toxique, en faible quantité, dans un espace confiné, pour atteindre des concentrations toxicologiques.

Ce mémoire nous a permis d’apporter des outils et des propositions concrètes sur la prise en charge pédiatrique en ambiance chimique.

Ce mémoire a également soulevé d’autres questions telles que l’efficacité du protocole de décontamination sur des enfants et la prise en charge globale des personnes non autonomes.

La prochaine étape incontournable pour progresser dans la réflexion sera la réalisation d’un exercice de terrain interservices.

► Auteurs :
Capitaine Christophe RICCI, SDIS 06
Capitaine Amandine VIGNON, BSPP
► Tuteurs :
Colonel Christophe LIBEAU, BSPP
Capitaine Philippe SANS, SDIS 31

Une version partielle de ce mémoire sera bientôt disponible en ligne et accessible à tous.

Les personnes souhaitant lire le mémoire dans sa version complète doivent être habilitées confidentiel défense et avoir le besoin d'en connaître.

Pour accéder à la totalité du mémoire, veuillez contacter le chef de service Risques technologiques et naturels.

Contact : +33 (0)4 42 39 00 00

Publié le 06/06/17 à 14:03