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Mémoire réalisé dans le cadre du Master 2 IMSGA - promotion 2016-2018

En quoi la culture de sécurité des chefs d'entreprises de TPE et PME contribue-t-elle à la gestion d'une situation d'exception ?

05/06/19

La France compte 140 000 TPE et PME générant 1 300 milliards d’Euros de chiffre d’affaire et emplois 28% des salariés. Leur activité se trouve principalement dans le secondaire et le tertiaire. Elles se caractérisent un effectif de moins de 250 salariés et un chiffre d’affaire de moins de 50M d’Euros.

Mondialisation des échanges, nouvelles technologies et géopolitique complexe, un réel paradigme de sécurité globale voit le jour depuis le début des années 1990. Il s’agit pour une Organisation, de placer tous les risques et menaces, quelle que soit leurs natures ou origines, au centre des préoccupations. Il convient ensuite de penser aux mesures de prévention et de protection, de continuité d’activité et de résilience, à même de contrer toutes attaques.

Les entreprises sont soumises à des risques et menaces multiples et croissantes auxquels celles-ci doivent faire face sous peine de mettre en péril leur pérennité. Obligations de résultats en santé sécurité au travail, contexte terroriste, cyberattaques, concurrence agressive sont autant de dangers.

Evoluant dans un état d’équilibre précaire, les entreprises résolvent au quotidien des problèmes de sécurité globale. Les modifications profondes de cet équilibre peuvent provoquer une situation exceptionnelle. Rester dans une posture attentiste et refuser toute préparation, c’est prendre le risque de basculer dans une situation de crise. Il convient ainsi de développer une réelle stratégie de «management des situations de crise», inclue au projet d’entreprise.

Même si le chef d’entreprise est responsable de la sécurité, celle-ci est l’affaire de tous. Pour être appliquée, il convient de développer une culture de sécurité d’entreprise. Celle-ci représente l’ensemble des savoirs et des valeurs diffusés et partagés parmi les membres de l’organisation et traduits dans les pratiques de maîtrise des risques selon un niveau de priorité défini. Le premier concerné par cette acculturation est le dirigeant.

Cette culture n’est pas forcément innée et son acquisition peut être complexe. Ceci est d’autant plus vrai que les formations initiales des business school n’abordent pas ou très peu les problématiques de sécurité globale. Les actions de sensibilisation proposées par les organisations professionnelles ne sont suivies par les dirigeants qu’en cas de survenue d’un événement au sein de leurs structures ou en fonction de l’actualité. Leur préparation à la gestion de crise est quasi inexistante et selon les territoires, ces mêmes organisations apportent un soutien aux chefs d’entreprises.

Les dirigeants ont une vision de la sécurité globale et de la culture de sécurité en lien avec les définitions développées. Leur culture, acquise par l’expérience et la formation n’est pas innée. Des signes montrent l’intérêt porté par les dirigeants: thème abordé en CODIR, certifications, personne dédiée, actions de sensibilisation, évaluation. Toutefois ces actions restent ciblées sur la santé sécurité au travail (obligations de l’employeur) et la cybersécurité (occurrence des attaques). La majorité des situations rencontrées et jugées exceptionnelles par les chefs d’entreprises, n’ont eu que peu d’impact sur les organisations et gérées en grande parti en interne. Qu’en aurait-il été pour des situations plus complexes? La majorité des dirigeants expriment un besoin en montée en compétences en interne pour une parfaite efficacité.

Auteur : Fabien Valente

Publié le 05/06/19 à 11:05