Le retour d’expérience est un outil de gestion qui permet de favoriser l’apprentissage dans les organisations. Il doit favoriser la production des enseignements dans l’idée de rendre les individus plus apprenants. C’est un processus d’exploration des opérations qui s’intéresse à la formation professionnelle, à l’expérience des agents et à la connaissance en acte mise en œuvre au sein des organisations

Texte juridique

Etude sur l'urbanisme résilient (CEREMA)/

Vers un urbanisme résilient ? Crues lentes et maintien sur place des populations : retex et enseignements

Ce document met en évidence une stratégie bien connue des sapeurs-pompiers qui se caractérise par la pratique du confinement des populations dans leurs habitations. Analyser la vulnérabilité des populations et envisager les conditions de leur maintien en place en cas d’inondations à cinétique lente revient à comprendre la gestion post-crise avec un retour à la normale long (plusieurs semaines ou mois). Plusieurs territoires français sont concernés par ce phénomène. Il s’agit de s’interroger sur les évacuations de masse lorsque de grandes métropoles sont concernées par ce type d’inondation et de développer une culture d’acceptabilité au risque auprès des populations. Cette réflexion a pour objectif de mieux penser la gestion de crise liée à ce type de crue pour favoriser l’aménagement du territoire, renforcer la sécurité de la population et son autonomie. Cette pratique permet d’optimiser l’action des secours pour un retour à la normale et la gestion prioritaire des cas les plus vulnérables.

Le document du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) mobilise des cas (retex) français, européens, américains et canadiens. Différents cas de situation vont entraîner la mise en œuvre d’une évacuation ou non. Une évacuation massive sera ordonnée par les pouvoirs publics lorsque le danger est trop important pour la population (habitants localisés sur le littoral, à proximité des digues ou des barrages). Il y a également des évacuations d'ampleur préventives (cf : Le barrage d’Oroville en Californie a donné lieu à une évacuation préventive de plus de 180 000 habitants en aval du barrage).

D’autres critères peuvent donner lieu à une évacuation tels que la hauteur d’eau estimée, le risque d’affaissement des bâtiments, les risques sanitaires liés à la rupture des réseaux vitaux, la force des courants. Une part de la population peut décider de pratiquer l’auto-évacuation lorsque celle-ci juge plus difficile de rester confinée dans  les habitations pour des problèmes d’assainissement  rendant les conditions de vie difficiles. L’évacuation liée à l’isolement d’un village ou d’un quartier constitue un critère d’évacuation anticipé. La population en situation d’isolement ressent un sentiment d’abandon et d’intense vulnérabilité. Les coupures des voies de communication ne permettent pas d’accéder aux habitations par des moyens conventionnels ce qui représente un coût élevé en cas d’évacuation tardive. L’objectif d’une évacuation anticipée est de limiter l’intervention des secours pour réduire les risques et éviter la mobilisation de moyens lourds et couteux pour leur mise en œuvre.

La difficulté du maintien des populations dans des zones sinistrées se traduit également par la durée d’acceptation des conditions de vie dégradées par les habitants. La technique du maintien sur place peut s’avérer une bonne chose pendant l’évènement mais trouver très vite ses limites si la décrue nécessite plusieurs semaines pour la remise en état des réseaux et des infrastructures. L’impact psychologique du confinement des populations dans un environnement dégradé doit être pris en compte pour déterminer la pertinence d’une telle action à mener. Il est important de maintenir un contact et des liens sociaux avec les habitants durant cette phase de l’évènement (post-crise). Il faut envisager la mise en place d’un soutien psychologique des populations (soit par barque, soit par l’installation de locaux temporaires pour l’accueil des sinistrés). Le maintien des populations sur place ne doit pas être subi car cela signifie que la gestion de crise n’a pas été optimale. Celui-ci sera mieux appréhendé si les habitants sont en capacité de satisfaire leurs besoins physiologiques et de sécurité. Les zones « isolées » sont généralement évacuées afin d’éviter des ravitaillements « couteux » pour des problématiques d’accès et/ou d’évacuation d’urgence en mobilisant d’importants moyens.

Lorsque d’autres choix ne sont pas envisageables, le déplacement des populations induit une perte des repères des habitants qui se manifeste par la difficile capacité d’adaptation à des conditions dégradées. Le logement représente un lieu de sécurité pour les habitants sauf s’ils se sentent menacés. Le risque de pillage constitue une crainte des habitants dans la décision de quitter leur logement. L’insécurité qui accompagne un évènement naturel les incite davantage à privilégier un maintien sur place.

L’aménagement des espaces assure un rôle essentiel pour tendre vers un état de résilience des territoires. Le retour des populations dans un territoire sinistré implique trois conditions : la remise en état des réseaux vitaux ; le contrôle des installations électriques et la stabilité des structures ; l’élimination du risque d’épidémie. La résilience du territoire apparaît peu développée dans la réhabilitation des espaces inondables. Il s’agit le plus souvent de délocalisations des habitations.

Un territoire résilient a pour objectif de mettre à l’abri la population en délocalisant les habitations ou en assurant des aménagements urbains. Dans certaines villes européennes ou américaines, le choix a été fait de vivre avec l’eau et non en résistance contre l’eau. Elle est même devenue un facteur d’attractivité pour certains territoires qui ont fait le choix de s’adapter à sa nature.