Le retour d’expérience est un outil de gestion qui permet de favoriser l’apprentissage dans les organisations. Il doit favoriser la production des enseignements dans l’idée de rendre les individus plus apprenants. C’est un processus d’exploration des opérations qui s’intéresse à la formation professionnelle, à l’expérience des agents et à la connaissance en acte mise en œuvre au sein des organisations

Actualité

Retour d'Expérience Opérationnel

Retour d'Expérience du SDIS de la Drôme : Feu de bâtiment industriel - Leçons apprises et évaluation du coût du sinistre

11/04/19

Ce RETEX concerne un feu sur un site industriel de stockage de pneus dont le PEX a déjà été mis en ligne sur le PNRS. Ce document, très complet, développe l'analyse de la situation, les actions menées, leur valeur estimée ainsi que les enseignements tirés sont présentés au fil du document. Sa portée pédagogique en fait un document de référence pour comprendre la gestion opérationnelle de cet incendie et la façon dont elle a été pensée en amont, à titre préventif, au moment de la construction du bâtiment par l'exploitant. Le document permet de comprendre les préconisations faites par les équipes du SDIS 26 pour renforcer la protection du bâtiment contre le risque incendie et allant au-delà de la réglementation. De plus, plusieurs exercices cadres ont pu être réalisés par le SDIS avant l'évènement avec le scénario d'un feu généralisé dans une des cellules qui équipent le site de stockage.

Plusieurs enseignements sont valorisés (bonnes pratiques) et/ou identifiés (points à améliorer) au fil du document. Parmi les différents points évoqués :

1. l'activation du CODIS "renforcé" a permis une gestion individualisée de l'évènement, dégageant le CODIS de cette activité pour la gestion des opérations courantes sur le reste du département (saison feux de forêt). Cette activation a été bénéfique pour le déroulement de l'intervention comme pour le fonctionnement du CODIS ;

2. la difficulté de mobiliser deux PC de colonnes pour assurer une fonction PC de site ne permet pas les conditions de travail souhaitées pour la gestion du commandement, l'ergonomie des engins n'étant pas adaptée ;

3. l'emploi d'un PC de colonne pour le chef de secteur "incendie" lui a permis de mieux organiser ses actions et la gestion de la situation ;

4. l'emploi d'une salle sur le site de l'exploitant pour l'accueil des autorités et les points de situation du COS avec ses chefs de secteurs / cadres en renfort a constitué un élément positif pour faciliter la communication et les échanges sur les lieux de l'intervention ;

5. l'importance de l'alimentation en eau durant toute la durée de l'intervention implique un dispositif adapté qui mobilise des équipements hydrauliques permettant de pomper l'eau du Rhône en plus des lances établies en aspiration des engins ; l'emploi des eaux d'extinction issues du bassin de rétention du site et après une analyse physico-chimique pour leur utilisation représente également une véritable plus-value ;

6. la mise en œuvre du dispositif de soutien sanitaire opérationnel a pu être mise en œuvre en condition réelle (soutien à l'opérationnel et soutien aux intervenants) avec succès et a confirmé l'intérêt de ce dispositif pour la prise en charge des intervenants lors des sinistres de grande ampleur ;

7. l'évaluation du coût du sinistre est présentée dans ce document au moyen de trois critères : le coût du sinistre pour l'exploitant (perte et avarie) et pour le SDIS (activité) ; le coût du sauvé (approche rationnelle et approche maximaliste) ; l'évaluation de la performance opérationnelle pour déterminer la valeur des résultats obtenus suite à l'action de lutte des sapeurs-pompiers ;

8. le plan d'actions concis de l'intervention est proposé à l'issue du document et capitalise les leçons apprises suite à la gestion de cet évènement.

Publié le 11/04/19 à 11:24