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Actualité

08/02/17

Focus sur une démarche de retour d'expérience

La condition indispensable à l'adaptation efficace des tactiques et des techniques d'intervention des secours en cas d'attentat terroriste en Tunisie


Dans le contexte géopolitique régional sensible que connaît actuellement la zone Afrique du Nord-Moyen Orient, rendu encore plus complexe par la situation instable de la Libye frontalière, la jeune République tunisienne fait face à une menace terroriste prégnante sur son territoire.

Cette menace relève de différents groupes armés, organisés et concentrés dans des secteurs identifiés de certains gouvernorats, dont l’allégeance est essentiellement faite à AQMI (Al Quaïda au Maghreb Islamique), mais également d’activistes liés à DAESH dont la répartition géographique est beaucoup plus diffuse. Cette organisation bénéficie d’un effectif estimé à plus de 5 000 tunisiens répartis sur les fronts syriens, irakiens et libyens mais qui sont de possibles vecteurs d’actions terroristes en Tunisie. Les modes d’actions des premiers sont confrontés à une réponse efficace des forces armées et de sécurité intérieure tunisiennes qui les cantonnent à des opérations de faible ampleur très localisées dans des zones où leurs attaques n’ont que peu d’impact médiatique et politique.

En revanche, les modes d’action de DAESH, destinés essentiellement à désorganiser des institutions encore fragiles, s’appuient sur des modes opératoires simples et peu coûteux du type AMOK. Les attaques délibérées contre l’activité touristique, et ses effets aggravants sur une situation économique précaire, contribuent à cette volonté de déstabilisation. Dans un climat politique, social et économique post Révolution, chaque coup porté peut potentiellement rendre la situation, déjà fragile, encore plus précaire. Conscientes des conséquences immédiates de ce type d’attaques, les forces de sécurité intérieures sont désormais dans une posture résolument offensive et proactive à l’égard de l’ensemble de ces menaces.

Très largement impliqué dans la réponse opérationnelle à chaque attentat, l’Office National de la Protection Civile (ONPC) tunisien relève actuellement le défi d’une mise en place progressive de tactiques et de techniques d’intervention adaptées au sein des équipes de secours. La coopération française contribue à cet effort depuis le début de l’année 2016. Cette démarche n’a été rendue possible que par l’implémentation d’un cycle complet de retour d’expérience relatif aux attaques terroristes de 2015 en Tunisie et en France, consolidée par l’analyse des attentats de Bruxelles en 2016.

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► Par le Lieutenant-colonel Christophe DEBRAY, Officier de l’armée de Terre, a servi dans des unités de combat du Génie et de la Légion Etrangère puis au sein des formations militaires de la sécurité civile depuis 2003. Actuellement détaché au sein de la direction de la coopération de sécurité et de défense du ministère des Affaires étrangères et du Développement international en tant que coopérant, conseiller du Directeur général de la Protection Civile tunisienne. A également en charge le suivi de la coopération française de sécurité civile en Libye.

Les propos contenus dans cet article n’engagent que leur auteur et n’ont aucun caractère officiel. Pour des raisons évidentes de confidentialité, seuls les grands principes des modes d’action développés par la Protection civile tunisienne sont évoqués sans entrer dans le détail de leur mise en œuvre. L’article se concentre essentiellement sur la démarche de RETEX mise en place dans un cadre temporel réduit et selon un principe essentiel de pragmatisme dans les résultats implémentés.

Publié le 08/02/17 à 13:32