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Actualité

Par BOGHOSSIAN Laurent

Management territorial 2.0

21/09/12

Issu du monde de l’Internet et du Web 2.0, le management 2.0 et plus précisément le management territorial 2.0 est un concept novateur émergeant au cœur des collectivités. Ce type de management basé sur la confiance, la maturité collective, le courage et la prise de responsabilité va permettre à des managers, en position de leaders, de fédérer des communautés entières autour de projets territoriaux

Communautés d’agents ou d’administrés, les personnes auront le moyen de s’exprimer au sein de plateformes technologiques à caractère social telles que, , ou . Au sein de ces plate-formes, certes modérées, mais publiques, ils pourront ainsi participer à l’élaboration de projets ou de politiques publiques en tant qu’administrés, ou à l’organisation interne de leur collectivité s’ils en sont les agents. De son côté, le manager pourra répondre, motiver et transmettre une vision, accepter les critiques parfois mais tout en gardant un vrai niveau de dialogue et de confiance avec sa communauté.

Pour instaurer cette communication, les réseaux sociaux sont une brique fondamentale du management 2.0 mais ne doivent en aucun cas en résumer le cœur et le but. La pire erreur à commettre serait de vouloir utiliser les solutions technologiques 2.0 comme une fin en soi pour combler une carence en organisation et en communication.

Le management 2.0 est donc avant tout un management humain censé connecter un leader avec sa communauté afin de créer un effet de levier massif qui permettra la réalisation aboutie des projets initiés, quels qu’ils soient. C’est un management qui demandera un vrai courage à tous ses acteurs, courage qui devra permettre de dépasser la réalisation uniquement personnelle au profit de celle d’un projet commun !

1. Émergence d’un nouveau concept

Le terme « 2.0 », lorsqu’il est utilisé comme adjectif pour un concept tel que le management, l’entreprise ou les collectivités, est un terme qui, d’une part, colore ledit concept d’un vernis de modernité et de technologie et qui, d’autre part, va susciter un sentiment de retenue, voire de méfiance. Modernité et technologie, car le terme 2.0 semble renvoyer à une appellation de version de logiciels (suites bureautiques, systèmes de gestion de bases de données, etc.). Retenue et méfiance car, de par ce côté technologique, il est difficile d’imaginer que l’on puisse faire un « versioning » sur des concepts anthropomorphiques tel que le management, les collectivités ou l’entreprise.

Que signifie donc le terme de « Management 2.0 » ? Un nouveau type de management vraisemblablement. Que doit-on interpréter derrière le terme « Collectivité 2.0 » qui apparaît lui aussi ? Une collectivité dont les règles de fonctionnement seraient complètement révolutionnées ? Du côté de la modernité et de l’aspect technologique de la définition, doit-on imaginer un management, une collectivité ou un territoire qui, désormais, ne fonctionneraient plus que de manière numérique au travers de sites web, d’extranet, de réseaux sociaux et d’applications pour smartphones ?

De prime abord, c’est bien de cela dont il s’agit puisque ce vernis « 2.0 » est issu du monde de l’Internet et de l’utilisation du réseau mondial. En conséquence, comme pour tout vernis, qu’il soit technologique ou pas, il est primordial de savoir gratter ce dernier un tant soit peu, ne serait-ce que pour découvrir ce qu’il cache.

Lorsqu’il s’agit de Web 2 .0, la réalité est que le terme 2.0 concerne plus la manière d’utiliser l’Internet que les outils technologiques qui permettront de généraliser cette nouvelle utilisation.

Ainsi donc, premier pas vers le management territorial 2.0 : remonter à la source et répondre à la question suivante : « En quoi le Web 2.0 a-t-il changé les us et coutumes quant à l’utilisation de l’Internet ? »

2 Le Web 2.0 comme point de départ

Le Web 2.0 est un web qui se veut collaboratif et dont le but est de rapprocher les internautes des éditeurs de sites web présents sur la toile et ce, de diverses manières. Le but n’est plus d’installer une sorte de distance entre l’éditeur du site et l’internaute mais, au contraire, de faire en sorte d’associer l’internaute au développement de l’éditeur.

Cette nouvelle utilisation du web a créé une véritable rupture avec le passé. Dans le passé, avec le web 1.0, une société ou une collectivité créait un site web et le mettait en ligne comme un outil de vitrine, de promotion. La société ou la collectivité, se fixait des objectifs et avançait dans le cadre de son développement, en fonction de ses objectifs, mais ne donnait pas l’opportunité à son audience de se manifester sur ce même média de manière publique. Certes l’internaute pouvait se manifester au travers d’une adresse e-mail mais en aucun cas, il ne pouvait partager son avis avec d’autres internautes et l’éditeur du site en un même lieu. Le site web était donc là pour vendre quelque chose, expliquer des règles de fonctionnement, donner de l’information. Mais pas plus.

C’est ce en quoi le Web 2.0 a créé une vraie rupture : donner la possibilité aux internautes de s’exprimer, de donner leur avis, de voter pour un produit ou un concept directement sur internet.

Le Web 2.0 est donc un web censé rapprocher des fournisseurs de produits, de services (privés ou publics, des artistes, des hommes politiques, des auteurs, des philosophes …) de leur audience. Avec le Web 2.0, les internautes ne sont plus simplement des consommateurs de services (publics ou privés) ou des réceptacles à information : ils deviennent des affiliés. Ils participent à la même communauté et ont un droit de citer. Le Web 2.0 leur permet de devenir fan d’un homme, d’un produit, d’une idée ou d’un territoire, de manière affichée et publique. Les médias qui leur sont proposés vont au-delà de simples adresses mail où ils pourraient expliquer tel ou tel ressenti : de véritables plateformes sociales (réseaux sociaux tel que twitter, facebook …) vont leur être fournies pour qu’ils puissent dire haut et fort ce qu’ils pensent.

Si quelque chose leur plaît, ils auront le moyen de répandre l’information en devenant de véritables prescripteurs. Si quelque chose ne leur plaît pas, ils peuvent désormais le dire haut et fort. Ils pourront s’engager publiquement pour un choix allant dans un sens ou dans l’autre et ils en porteront la responsabilité sans retenue.

Non seulement leur voix sera désormais audible, mais mieux que tout : une réponse leur sera donnée publiquement.

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Publié le 21/09/12 à 09:11