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Actualité

25/09/17

Article d'expert

Le concept de l'entreprise libérée


L’entreprise libérée a été définie en France par Isaac GETZ (professeur à l’ESCP Europe) et plusieurs dirigeants français ont communiqué sur les bienfaits de sa mise en œuvre au sein de leurs entreprises (M. ZOBRIST pour la FAVI et M. GERARD pour CHRONO Flex). C’est d’ailleurs ce dernier qui est venu animer une conférence dans le cadre des Nocturnes à l’ENSOSP (06/09/2017) pour relater son expérience avec le colonel ALLIONE, directeur départemental du SDIS 13, venu exposer sa conception du management libéré au sein de son SDIS. Suite à cette conférence et en reprenant différents travaux de recherche issus des sciences de gestion sur le concept de l’entreprise libérée, voici une synthèse des réflexions proposées par la communauté des chercheurs.

L’entreprise libérée est une entreprise structurée pour favoriser la créativité, l’autonomie des salariés et leur bien-être au travail. La forme organisationnelle de l’entreprise libérée consiste à supprimer la relation hiérarchique au profit d’un levier de motivation mais aussi de satisfaction des salariés. Ces derniers se réapproprient leur poste de travail et le partage des responsabilités. Cela implique une posture particulière du dirigeant : celle de se désengager de son rôle de chef au sein de l’organisation, d’abandonner ses attributs hiérarchiques (place de parking privative, table réservée à la restauration, bureau de grande taille et autres avantages liés au statut) pour revenir à un statut égal à celui de ses salariés.  Le concept de l’entreprise libérée a pour fondement la théorie X et Y de MAC GREGOR (1960). Dans la théorie X, MAC GREGOR indique que les salariés ne sont pas motivés par le travail et qu’il faut en conséquence les contraindre et les obliger à produire par des mesures adaptées et des sanctions. Dans la théorie Y, MAC GREGOR considère, à l’inverse, que les salariés sont motivés par leur tâche et aspirent à de nouvelles responsabilités. Il faut donc les accompagner dans leur évolution et ne pas les contraindre. L’entreprise libérée doit contribuer à produire de l’engagement auprès du salarié et favoriser la théorie Y. Un style de leadership libérateur doit amener la gestion du changement en réduisant le phénomène de résistance. Ce style de management s’inscrit dans le respect du salarié et la considération de ses compétences et de ses capacités à évoluer. La culture de l’organisation doit être orientée pour favoriser l’autonomie de décision des agents. Une entreprise libérée doit être synonyme d’absence de conformité, de loyauté stricte et clairement énoncée qui ne serait pas délibérée pour le salarié. Il importe alors que le modèle de l’entreprise libérée soit conçu pour favoriser l’intégrité des agents (JACQUINOT et PELISSIER-TANON, 2015). Le salarié doit être conscient de l’impact de ses décisions et de ses choix de vie afin de trouver un réel équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.

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Par Anaïs GAUTIER
ENSOSP-CERISC
Docteur ès sciences de gestion

Cheffe du pôle de recherche Management des organisations et RETEX

Publié le 25/09/17 à 15:00