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Actualité

Mémoire produit dans le cadre de la formation d'adaptation à l'emploi de chef de groupement, 2018

L'accompagnement du sapeur-pompier volontaire chef de centre et l'évaluation de l'organisation de son unité opérationnelle

20/03/19

INTRODUCTION
Le modèle français de sécurité civile repose sur la combinaison de trois forces à savoir les sapeurs-pompiers volontaires, professionnels et les militaires. Tous remplissent deux missions principales, le secours d’urgence aux personnes et la protection des populations en cas de crise.
En France, l’organisation des Services d’Incendie et de Secours (SIS) s’appuie sur 6 894 Centres d’Incendie et de Secours (CIS) dont 5490 exclusivement composés de Sapeurs-Pompiers Volontaires (SPV).

Ces unités opérationnelles sont hétérogènes par leur taille, leur volume d’activité opérationnelle et leur organisation. Ces structures sont commandées par des chefs de centre dont le statut, le parcours professionnel et l’origine sont multiples. Parmi ces derniers, 5758 sont volontaires, soit près de 83,5 % des chefs de centre en France. Le questionnement posé dans le cadre de ce mémoire n’est donc pas marginal mais correspond bien à une interrogation centrale lorsque l’on souhaite s’inscrire dans une démarche qualité.

L’engagement, en tant que Sapeur-Pompier Volontaire (SPV), est pris librement et nécessite un réel investissement personnel et familial. En tant que volontaires, ces derniers peuvent se voir confier l’activité de chef de centre dans des structures composées d’un effectif inférieur à 8 Sapeurs-Pompiers Professionnels (SPP). Cette fonction demande l’acquisition de nombreuses compétences que ce soit en termes de posture, de gestion et de management. En effet, le volontariat, engagement citoyen qui n’est ni assimilable à une activité professionnelle ni à une activité associative, nécessite un management spécifique.

Force est de constater que le contexte, à la fois professionnel et familial, ne favorise plus le recrutement de ces cadres volontaires. Les SIS doivent valoriser cette fonction et en diminuer les contraintes pour attirer des candidats et garantir un choix de qualité parmi les prétendants.

La tâche est parfois lourde à porter pour ces chefs de centre avec notamment des difficultés relationnelles liées aux nouvelles générations et une certaine autonomie de fonctionnement vis-à-vis de l’autorité hiérarchique.

Au sein du SDIS de la Haute-Garonne, deux CIS commandés par des chefs de centre SPV se sont retrouvés dans des situations managériales critiques et ceci sans que cette situation n’ait été repérée en amont par le niveau supérieur. Après enquête administrative, ces dysfonctionnements ont été identifiés comme dus à des insuffisances ou manquements des chefs de centre.

Par ailleurs, une récente évaluation périodique du SDIS 31 par l’Inspection Générale de la Sécurité Civile (IGSC) a relevé l’absence de formalisme et d’homogénéité dans les contrôles des CIS.

Aujourd’hui, l’ensemble des SIS est confronté à ces mêmes problématiques. Désormais, les enjeux sont d’offrir aux chefs de CIS volontaires les capacités à assurer un management adapté, de telle sorte que le centre puisse disposer d’un potentiel opérationnel suffisant pour répondre aux demandes de secours. Il est nécessaire de sécuriser le processus managérial opéré dans les centres volontaires et prévenir ainsi l’occurrence de situations critiques. Il faut enfin mettre en œuvre un contrôle des centres pour répondre à un besoin.

Les inspections et les contrôles existent depuis de nombreuses années et ils prennent différentes formes. Ils peuvent être curatifs, après la survenance d’une défaillance, ou préventifs avec des contrôles périodiques, voire quotidiens. On retrouve ces notions dans les services d’incendie et de secours, les unités militaires, comme celle de la Brigade de Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) avec son très connu Contrôle de l’Aptitude Opérationnelle (CAO), ou encore dans le domaine civil.

Pour rappel, l’ancienne dénomination des responsables départementaux des SIS était « inspecteurs départementaux d’incendie et de secours » avec, notamment, cette mission d’inspecter le fonctionnement des corps communaux.

Face à ces enjeux et dans un contexte local de plus en plus tendu économiquement et socialement, il est nécessaire de développer le rôle d’accompagnateur dans le management des chefs de centre volontaires pour passer d’un mode d’échanges occasionnel, lié aux opportunités, à un mode d’échanges pérenne et de proximité.

Dans le même temps, pour répondre aux recommandations de l’Inspection Générale, il est nécessaire d’intégrer la dimension de l’évaluation et du contrôle des activités non opérationnelles du centre, en s’inscrivant dans une démarche de participation des chefs de centre et ce, pour obtenir leur adhésion.

Différents travaux, réalisés dans le cadre des cursus de formation des chefs de groupement à l’ENSOSP, nous ont permis d’explorer le sujet. Nous nous basons sur deux mémoires. Le premier intitulé « Comment accompagner les officiers pour la prise de commandement d’une unité opérationnelle ? » s’intéresse au chemin à parcourir et à l’accompagnement nécessaire pour le futur chef d’une unité opérationnelle. Le second titré « Evaluation et contrôle de la capacité opérationnelle et administrative des Centres d'incendie et de secours » propose une méthode modulable et des outils permettant d’évaluer la capacité opérationnelle et administrative des CIS, en favorisant la participation et l’adhésion de tous les acteurs concernés. Il faut noter que ces deux mémoires ne prennent pas en compte l’aspect statutaire du chef de centre.

Afin de résoudre la problématique soulevée dans cette recherche, notre réflexion s’est donc portée sur deux champs d’étude et a pris la forme d’interrogations :

  • Quel accompagnement proposer au sapeur-pompier volontaire chef de centre, en tenant compte de ses contraintes et de son environnement ?
  • Comment évaluer une unité opérationnelle commandée par un chef de centre volontaire pour qu’il soit acteur d’une démarche d’amélioration continue ?

Pour répondre à ces questions, outre nos recherches et entretiens avec différents experts, 324 chefs de centre volontaires, issus de 38 SIS différents, ont répondu à une enquête en ligne. 56 chefs de groupement, dont 36 territoriaux, issus de 25 SIS ont répondu à un second questionnaire.

Après avoir explicité notre démarche de recherche, nous avons articulé ce mémoire en 4 parties. La première consiste à présenter le contexte du volontariat dans notre société, à poser le cadre juridique et à réaliser un état des lieux de notre champ d’étude pour appréhender les différentes problématiques identifiées.

Une deuxième partie aborde la notion d’accompagnement du sapeur-pompier volontaire chef de centre, avec notamment une analyse fine permettant de vérifier notre première hypothèse de recherche.

Pour répondre à notre deuxième hypothèse de recherche, la troisième partie, est consacrée à l’évaluation des unités opérationnelles des chefs de centre volontaires. Enfin, dans une quatrième partie, nous établirons un lien entre l’accompagnement des chefs de centre SPV et l’évaluation de leur structure, pour aboutir à des préconisations susceptibles d’être mises en œuvre sur l’ensemble du territoire national.

Pour lire la suite du mémoire, veuillez consulter le lien ci-dessous.

Auteurs :

  • Commandant Richard BIGONNEAU-KERVOEL, ENSOSP
  • Commandant Jean-Marc RODITIS, SDIS 13
  • Commandant Sylvain SAUREL, SDIS 07
  • Capitaine Indaroussi SAID, SDIS 976

Directeur de mémoire : Lieutenant-Colonel Stéphane LEGAY, chef du Groupement territorial Centre, SDIS 31

Publié le 20/03/19 à 12:51