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Actualité

Mémoire produit dans le cadre de la formation d'adaptation à l'emploi de chef de groupement, 2017

De l'efficience du volontariat à l'optimisation de la capacité opérationnelle des SDIS en milieu rural

26/03/18

INTRODUCTION

Dans les départements à dominante rurale ou dans les zones rurales des départements français les plus importants, une grande partie du territoire est défendue par des centres d’incendie et de secours ou des centres de première intervention, intégrés au corps départemental ou communal, exclusivement composés de sapeurs-pompiers volontaires.
Ces femmes et ces hommes, qu’ils soient étudiants, ouvriers, commerçants, cadres, parents au foyer, en profession libérale, chefs d’entreprise ou à la recherche d’un emploi, assurent la réponse opérationnelle sous le régime de l’astreinte ou déclarés disponibles dans un système d’alerte, 24 heures sur 24, tous les jours de l’année.

Depuis près d’une décennie, notamment depuis la fin des années 2000, les effets de la crise du volontariat de sapeur-pompier se font ressentir sur l’ensemble du territoire rural français. Le manque de ressources pour armer les engins et assurer les missions d’urgence, surtout en journée de semaine ouvrable, constitue une préoccupation de plus en plus prégnante.

De nombreux départements mettent ainsi en application les différents dispositifs incitatifs, notamment en application du rapport Ambition Volontariat. Des actions de plus en plus précises et adaptées au terrain et aux territoires concernés sont expérimentées afin de se donner de nouveaux leviers permettant de renforcer la ressource humaine en SPV, mais aussi et surtout d’en faciliter la disponibilité.

Que ce soit dans le domaine technique et organisationnel (par la mise en place d’un système de gestion individualisé des agents) ou dans les domaines des ressources humaines et de la formation (par la mise en application de conventions avec les employeurs), il apparaît au regard des retours chiffrés, que la disponibilité ne progresse plus, mais amorce plutôt une tendance à la baisse.

Le Département de l’Aube, territoire dans un premier temps ciblé par la présente étude, n’échappe pas à ce constat. Notre directeur de mémoire, par ailleurs directeur départemental adjoint (DDA) du SDIS de l’Aube, dresse le même constat en ce qui concerne la disponibilité du volontariat et les impacts induits sur la réponse opérationnelle. Bien que son département soit riche de près de 250 centres communaux de première intervention, ce maillage ne permet pas de rehausser la capacité opérationnelle auboise.

En élargissant notre étude de telle sorte qu’elle ait une portée nationale, nous avons souhaité nous donner le maximum de chances de détecter les causes réelles du désengagement, les raisons du recul de l’engagement et surtout, les causes internes à notre activité de la démotivation dans les rangs, si tant est qu’elle soit à l’origine de la chute des effectifs.

Fort du constat effectué et rappelé ci-dessus, nous avons cerné notre problématique en revenant sur les notions de ruralité et de SDIS en tant qu’organisation en charge d’apporter une réponse opérationnelle en tout point du département dans des délais adaptés. Mais le paramètre primordial à prendre en compte est l’humain au travers duquel nous trouverons les principales clés de résolution de notre problématique. C’est ainsi qu’à partir des études déjà menées sur la disponibilité, nous avons recueilli l’avis des sapeurs-pompiers volontaires ruraux à travers un questionnaire d’enquête axé sur les dimensions organisationnelle, sociodémographique et managériale.

Partant du principe que l’objet de notre recherche constituait l’optimisation de la capacité opérationnelle, notre question principale de recherche tentera de savoir comment optimiser cette capacité en milieu rural, au regard de la disponibilité des sapeurs-pompiers volontaires.

Afin de répondre à cette question, nous allons dans un premier temps nous intéresser au contexte, notamment les aspects liés à la ruralité en France ainsi qu’un bref état des lieux des travaux réalisés à l’échelon national en faveur du volontariat de sapeurs-pompiers. Puis, un éclairage sera apporté sur les aspects théoriques se rapportant aux trois dimensions d’étude que nous avons choisi de retenir, ce qui nous permettra de formuler trois hypothèses de travail.

Viendra dans un deuxième temps la confrontation de ces hypothèses, tout d’abord aux résultats de l’enquête à laquelle plus de 1 200 SPV ont bien voulu répondre, puis à l’analyse statistique opérationnelle dans 24 centres de secours aubois, exclusivement composés de sapeurs-pompiers volontaires, et enfin à l’exploitation des chiffres ressortant de l’enquête fédérale réalisée en 2016 à l’échelon national.

Finalement, fort des divers entretiens que nous avons pu avoir avec les partenaires incontournables que sont la DGSCGC, la FNSPF, l’ENSOSP et l’ANDSIS, nous effectuerons un retour sur hypothèses et formulerons des propositions dans le but de répondre à la problématique rencontrée en zones rurales par nombre de SDIS. Cette étape constituera l’objet de notre troisième partie.

Auteurs :

  • Commandant Stéphane ESLINGER, SDIS 88
  • Commandant Fabien LECUIROT, SDIS 28
  • Commandant Éric MARESCHI, SDIS 59
  • Commandant Lionel TABARY, SDIS 80

Directeur de mémoire : Colonel Frédéric GOULET, Directeur départemental adjoint du SDIS 10

Publié le 26/03/18 à 10:17