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Actualité

ETUDES

L'apprentissage par simulation chez les infirmiers en formation continue

06/02/18


La simulation en santé se développe maintenant en France après un essor considérable chez les anglo-saxons depuis plus de 20 ans. La majorité des études démontrant les bénéfices de l’apprentissage par simulation étant médicale, la question de la pertinence de cette méthode auprès des infirmiers reste posée, en particulier de par son coût de mise en oeuvre tant financier qu’en ressources humaines.
Bien que la satisfaction des apprenants et l’acquisition de connaissances théoriques et pratiques placent la simulation à un niveau d’efficacité élevé (cf. état de l’art) selon le modèle de Kirkptatrick (2006), le transfert d’apprentissage dans l’activité professionnelle réelle et les effets sur les patients demeurent encore peu explorés dans le champ des soins infirmiers.

De plus, s’il est démontré qu’il n’y a pas d’apprentissage quand la pratique simulée n’est pas suivie d’un débriefing (Savoldelli et col, 2006), on peut cependant affirmer que celui-ci est efficace, en particulier grâce à la réflexivité induite (Arafeh, 2010 ; Boet et col, 2011). Cependant, l’apport de l’enregistrement audio-vidéo pendant le débriefing apparait encore incertain (Savoldelli et col, 2006 ; Dieckmann, 2009 ; Sawyer, 2012).
Aussi, cette recherche se propose, d’une part, de comparer l’efficacité de différentes modalités de débriefing, sollicitant la réflexivité plus ou moins intensément, dont une forme utilise l’enregistrement audio-vidéographique et, d’autre part, de s’interroger sur la pérennité des apprentissages à moyen terme (6 mois).
Par ailleurs, la communauté scientifique s’accorde à dire que l’erreur est source d’apprentissage. Compte tenu des conséquences sur la vie humaine de la survenue d’erreurs (Kohn, 2000), en particulier lors d’activité de soins, il parait aussi pertinent de s’interroger sur leur trace dans le temps, après leur survenue en situation simulée et d’étudier leur récidive éventuelle dans la vie professionnelle…ou leur prévention, grâce à un apprentissage effectif, donnant ainsi à voir l’efficacité réelle de la simulation.

L’objet de cette recherche, est la trace de l’erreur et la pérennité des apprentissages selon le degré de réflexivité mobilisé chez des infirmiers en formation continue au cours de simulations en santé.
Le terrain d’expérimentation est un centre public de simulation pré-hospitalière, destiné à la formation continue : le SIMURGe® de l’ENSOSP, situé à Aix-en-Provence.
La méthode de recherche est expérimentale.
La population étudiée est celle d’infirmiers de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels diplômés, suivant une session de soins infirmiers d’urgence pré-hospitalière, d’une durée de 2 jours consécutifs, au titre de leur développement professionnel continu.
L’hypothèse générale est que le débriefing, par un formateur mobilisant la réflexivité de l’apprenant et de ses pairs co-acteurs, favorise le transfert d’apprentissage en limitant la récidive des erreurs non techniques, à moyen terme.
Quatre hypothèses opérationnelles en découlent dont une concernant la plus-value de l’enregistrement audio-vidéo graphique, à moyen terme.

Auteurs : Vincent DUBROUS, cadre de santé de sapeurs-pompiers professionnels, infirmier-chef à l'ENSOSP

           Chantal EYMARD, maître de conférences en sciences de l'éducation, Aix-Marseille Université

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Publié le 06/02/18 à 08:50