Actualité

28/04/17

Repéré sur l'Equipe.fr

La préparation physique des sapeurs-pompiers : une injonction paradoxale


Comment les sapeurs-pompiers entretiennent leur condition physique, alors que les aléas, ennemis de la programmation, sont au cœur de leur métier ? On a posé la question à Michael GOUFIER, référent national à l'Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers et auteur du livre « La préparation physique du sapeur-pompier ».

Les sapeurs-pompiers doivent avoir une condition physique de sécurité opérationnelle. Michael GOUFIER témoigne de cette problématique : « Sur son temps de garde, le sapeur-pompier ne peut pas faire de la haute intensité, parce que son activité physique doit être compatible avec ses obligations opérationnelles, elle ne doit pas mettre en péril l'intervention qui pourrait suivre. Or, l'intensité est l'un des trois piliers de l'entraînement, avec la récupération et la régularité. »

Mais comment les sapeurs-pompiers peuvent-ils adapter leur programme au facteur aléatoire inhérent à leurs activités ? Michael GOUFIER poursuit : « Un pompier a besoin de force et d'endurance de force, au niveau musculaire. Au niveau cardio-vasculaire, il a besoin d'endurance fondamentale et surtout de puissance maximale aérobie. Tout l'enjeu de sa préparation physique, c'est de se demander : "que puis-je faire à la garde et que puis-je faire lors de mes jours de repos ? " ».

C'est donc en fonction de ces deux phases – garde et repos – que le sapeur-pompier articule sa préparation physique. « Prenons l'exemple de 24h de garde - 48h de repos, parce que c'est l'une des planifications la plus connue, reprend Michael GOUFIER. Sur les temps de garde, il peut travailler de la PMA, de l'intermittent court-court en 30-30, de la force sur des exercices au poids de corps... mais pas avec des charges maximales ! Il ne peut pas faire de l'excentrique avec des charges lourdes par exemple, parce qu'il va abîmer des myofibrilles et créer des micro-déchirures qui l'empêcheront d'être à 100% de son potentiel opérationnel (...). Sur son premier jour de repos : il peut travailler la filière anaérobie lactique et sur son second jour de repos : il peut faire une séance de récupération, faire des étirements, aller nager ou trottiner. »

Contact :

Michael GOUFIER, référent national préservation du capital santé des sapeurs-pompiers à l'ENSOSP

michael.goufier@gmail.com

Publié le 28/04/17 à 13:42