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Levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19

Titre de la question
Question d'actualité au gouvernement n° 1901G de Mme Laurence Cohen (Val-de-Marne - CRCE) publiée dans le JO Sénat du 17 juin 2021
Contenu de la question

"[...] Après avoir refusé la levée des brevets, le Président de la République a indiqué, mercredi dernier devant des représentants d'associations, et, jeudi, en conférence de presse, que la France soutiendrait la demande de l'Afrique du Sud et de l'Inde.
Néanmoins, des ambiguïtés demeurent. Monsieur le ministre, alors qu'une réunion informelle doit justement se tenir demain à l'OMC, pouvez-vous nous préciser la position de la France sur ce sujet ?

Quelles sont les modifications que le Président de la République souhaite apporter, à la demande de l'Afrique du Sud et de l'Inde ?"

Titre de la réponse
Réponse du Ministère de l'Europe et des affaires étrangères publiée dans le JO Sénat du 17 juin 2021
Contenu de la réponse

Le Ministre de l'Europe et des affaires étrangères : "Nous sommes tout à fait convaincus de la nécessité de faire du vaccin un bien public mondial. Cet objectif requiert un certain nombre de conditions : des contributions financières et des dons, pour lesquels nous sommes au rendez-vous, comme nous l'avons montré encore par l'intervention du Président de la République lors de la réunion du G7 en Cornouailles".

"[...] 60 millions d'euros de dons"

"Monsieur le sénateur, revenant d'Afrique, où j'ai pu constater la collaboration constante de la France avec un certain nombre de pays, je puis vous assurer que ce ne sont pas des mots pour les responsables africains, même si cela peut l'être pour vous.

Madame la sénatrice Cohen, en ce qui concerne l'Afrique du Sud et l'Inde, nous sommes en discussion avec ces pays pour élaborer la mise en œuvre du projet d'usine de vaccins en Afrique, singulièrement en Afrique du Sud et au Sénégal.

L'objectif est de faire en sorte que soient levés le plus rapidement possible tous les éléments qui bloquent la diffusion globale des vaccins et la recherche d'une immunité pour l'ensemble des citoyens de la planète.

Or les facteurs bloquants sont d'abord ceux qui sont liés à l'exportation. J'ai bien noté que, jusqu'à présent, les États-Unis d'Amérique, tout en étant favorables à la levée des brevets, ne l'étaient pas à celle des processus d'exportation. Il semble que cette donnée soit en train de changer depuis la réunion du week-end dernier, et c'est tant mieux.

En ce qui concerne les brevets, nous avons toujours considéré que la propriété intellectuelle ne devait pas constituer un obstacle à la diffusion des vaccins. Nous restons dans cette logique.

Au sein de l'OMC et de l'OMS, des dispositifs existent pour éviter l'accaparement des brevets par les entreprises de production pharmaceutique. Il s'agit simplement de les mettre en œuvre. L'Union européenne vient de formuler une proposition en ce sens. Nous souhaitons qu'elle soit appliquée au sein de ces organismes, avec, je l'espère, le soutien des États-Unis d'Amérique, qui doivent non pas se contenter de faire des propositions à caractère déclaratoire, mais également formuler des propositions d'action.

M. le président. La parole est à Mme Laurence Cohen, pour la réplique.

Mme Laurence Cohen. Quelle crédibilité accorder à vos propos, monsieur le ministre, comme à ceux du Président de la République, quand les députés européens de La République En Marche s'opposent à la levée des brevets et quand le Gouvernement refuse d'utiliser les pouvoirs de réquisition des usines conférés au Premier ministre par la loi sur l'état d'urgence sanitaire ?

Les brevets constituent un verrou au développement d'une production mondiale. Vous proférez de belles paroles, mais il ne se passe rien quand on en vient aux actes. Si vous soutenez la demande de l'Afrique du Sud et de l'Inde, prouvez-le, en la portant auprès du G7 et de l'OMC. Moins de promesses, monsieur le ministre, et plus d'actes !

Aujourd'hui, un casino spéculatif tourne à plein régime pour les Big Pharma, et vous êtes de leur côté, et non de celui des populations pauvres, privées de vaccins. On ne peut venir à bout de cette pandémie avec une telle politique".